Les PFAS sont des substances chimiques utilisées pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes et résistantes à la chaleur. On les retrouve dans différents produits : textiles, emballages alimentaires, mousses anti-incendie, revêtements industriels ou encore pesticides.
Le problème, c’est qu’elles persistent dans l’environnement, s’infiltrent dans les sols, contaminent les nappes phréatiques et finissent dans l’eau du robinet.
Cette pollution pose un réel enjeu sanitaire. Plusieurs PFAS sont déjà associés à des cancers, des troubles hormonaux et à des atteintes du système immunitaire.
Et cette contamination des eaux ne se limite pas à quelques territoires isolés. Elle est désormais largement répandue en France. Selon les analyses menées par UFC-Que Choisir et Générations Futures, 96 % des communes testées présentaient des traces de PFAS dans leur eau potable.
Aucune région ne semble donc épargnée par cette pollution, à des taux toutefois variables. Pour savoir si votre commune est concernée, retrouvez ici la liste des liens utiles : cartes interactives, derniers résultats d’analyse…
PFAS dans l’eau du robinet : toute la France concernée
Les données sont claires. La présence de PFAS dans l’eau potable distribuée n’a plus rien d’exceptionnel.
Les analyses menées par UFC-Que Choisir et Générations Futures début 2025 ont détecté la présence de PFAS dans 29 prélèvements sur 30 réalisés en France. 96 % des communes testées présentaient donc des traces de PFAS dans leur eau du robinet. Cela concerne Paris, Lyon, Bordeaux, mais aussi Amiens, Orléans, Poitiers, Tours ou encore les environs de Rouen.
Autrement dit, la contamination ne se limite ni aux grandes métropoles ni aux zones industrielles. Elle traverse clairement chaque région, et ce, malgré la surveillance et le contrôle réglementaire des Agences régionales de santé (ARS) en France.
Certaines molécules inquiétantes comme le TFA (un composé particulièrement persistant appartenant à la famille des PFAS) ont également été retrouvées dans 24 prélèvements sur 30.
Dans des villes comme Tours ou près de Rouen, les analyses ont même révélé un véritable cocktail chimique : jusqu’à 11 PFAS différents détectés dans un seul échantillon.
Quelles communes sont les plus touchées par les PFAS ?
Si, comme nous venons de le voir, la contamination aux PFAS dans l’eau du robinet concerne l’ensemble du territoire français, certaines régions ont franchi récemment des taux particulièrement élevés.
Dans plusieurs communes des Ardennes, 3000 habitants sont toujours privés d’eau potable depuis juillet 2025 .
Depuis juin 2026, ce sont les habitants de la commune d’Aubord près de Nîmes qui sont privés d’eau courante à cause des PFAS.
Selon les derniers rapports de Selectra, voici les communes concernées par un dépassement des taux maximum de PFAS tolérés dans l’eau du robinet :
| Réseau | Communes desservies | Dernier relevé publié |
| JUVIGNY SUR LOISON | Juvigny-sur-Loison | 3,7 µg/L, relevé le 01/06/2026 |
| LOUPPY SUR LOISON | Louppy-sur-Loison | 3 µg/L, relevé le 08/06/2026 |
| VILLY | Villy | 2,255 µg/L, relevé le 09/12/2025 |
| HAN LES JUVIGNY | Han-lès-Juvigny | 1,8 µg/L, relevé le 01/06/2026 |
| MALANDRY | Malandry | 0,634 µg/L, relevé le 09/12/2025 |
| S20 VALLEE DE LA CHIERS | Linay, Blagny | 0,623 µg/L, relevé le 20/05/2026 |
| SIAEP DE BREUCHES | Visoncourt, Villers-lès-Luxeuil, La Villedieu-en-Fontenette (+12 autres) | 0,513 µg/L, relevé le 08/06/2026 |
| REMOIVILLE | Remoiville | 0,21 µg/L, relevé le 08/06/2026 |
| MARIAC TRAPAYAC | Mariac | 0,2 µg/L, relevé le 29/06/2026 |
| AUBORD | Aubord | 0,148 µg/L, relevé le 23/06/2026 |
| PLONEVEZ-DU-FAOU (RUSQUEC) | Collorec, Plonévez-du-Faou | 0,141 µg/L, relevé le 16/06/2026 |
| RAMBOUILLET | Rambouillet | 0,134 µg/L, relevé le 19/06/2026 |
| THIL NIEVROZ | Thil, Niévroz | 0,133 µg/L, relevé le 26/06/2026 |
| RENAGE – CRIEL | Renage | 0,128 µg/L, relevé le 23/07/2025 |
À savoir que ces contrôles ne portent que sur une vingtaine de PFAS, alors que la famille en compte plusieurs milliers !
PFAS : que prévoit la loi française ?
Depuis janvier 2026, de nouvelles mesures ont été prises. La recherche de 20 PFAS est officiellement obligatoire dans le cadre du contrôle sanitaire des eaux, réalisé par les Agences régionales de santé (ARS), conformément à la directive européenne de 2020 (EDCH).
La limite réglementaire fixée à 0,1 µg/L, soit 100 ng/L, s’applique à la somme de ces 20 substances dans l’eau potable.
Sur le papier, c’est une avancée. Dans les faits, ces analyses sont encore trop faibles.
Le décret n° 2025-1287, publié le 24 décembre 2025, ajoute seulement deux substances aux 20 PFAS prévus par la réglementation européenne : le TFA et le 6:2 FTSA. Et ces deux molécules ne seront intégrées au contrôle sanitaire qu’à partir de janvier 2027.
Autrement dit, en 2026, la surveillance officielle porte essentiellement sur 20 PFAS alors que la famille en compte plusieurs milliers.
Plusieurs acteurs scientifiques estiment que l’effort n’est pas suffisant. L’ANSES recommande d’inclure trois PFAS supplémentaires en plus du TFA et du 6:2 FTSA : le 8:2 FTSA, le MeFOSA et l’EtFOSA.
L’ANSES souligne d’ailleurs l’ampleur de la présence du TFA. Les données montrent que cette molécule a été retrouvée à plus de 100 ng/L dans 92,2 % des échantillons d’eau potable analysés.
En parallèle, la loi n° 2025-188 du 27 février 2025 a engagé l’interdiction progressive de certains produits contenant des PFAS. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les cosmétiques, les farts de ski ainsi que certains vêtements, chaussures et imperméabilisants ne peuvent plus être mis sur le marché lorsqu’ils présentent ces substances. L’interdiction sera étendue en 2030 à la plupart des textiles.
La surveillance avance donc sur deux fronts : un contrôle plus strict des eaux de chaque région et une réduction des sources de pollution.
Mais face à des substances persistantes et massives, les résultats sont encore insuffisants.

PFAS dans l’eau du robinet : quels risques pour la santé ?
Les PFAS ne sont pas de simples résidus chimiques. Ce sont des substances conçues pour résister. C’est pourquoi ces polluants éternels persistent dans l’environnement, notamment dans les eaux potables. Seulement voilà, ils s’installent aussi dans notre corps.
Cette présence comporte des risques pour la santé humaine. En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer a classé le PFOA comme cancérogène et le PFOS comme possiblement cancérogène. D’autres résultats scientifiques associent une exposition prolongée aux PFAS à une augmentation du cholestérol, à des troubles hormonaux, à une baisse de fertilité et à des effets sur le fœtus. Le système immunitaire pourrait aussi être affaibli.
Les enfants sont particulièrement vulnérables. Les PFAS peuvent affecter la croissance, le développement cognitif et comportemental. Certaines études ont également observé une diminution du poids à la naissance chez les nouveau-nés exposés.
Autrement dit, le danger est progressif. Ces molécules restent dans le sang. Chaque exposition s’ajoute à la précédente. Et le corps, lui, accumule.
C’est précisément cette consommation répétée de PFAS qui inquiète les autorités sanitaires.
L’eau de votre région contient-elle des PFAS ?
Pour savoir si vous faites partie des communes et régions concernées par une forte pollution aux PFAS, voici les liens utiles :
Votre eau dépasse-t-elle les taux réglementaires de PFAS ?
Pour le savoir, consultez :
Sachez toutefois que lorsque vous consultez ces données, l’absence de dépassement ne signifie pas l’absence totale de polluants dans votre région. Les mesures portent sur un nombre limité de substances, avec des seuils définis par la réglementation.
Cependant, cette situation ne veut pas dire que l’eau n’est pas potable. Mais elle rappelle une réalité : la pollution est diffuse, durable et difficile à éliminer par les traitements classiques.
Les PFAS ne sont pas les seuls en cause. Pesticides agricoles, métabolites persistants, résidus industriels, métaux lourds… Presque partout dans le pays, l’eau distribuée dans les communes contient des traces de différents produits chimiques. Une eau du robinet contaminée contient rarement un seul polluant, mais plutôt un mélange d’éléments toxiques.
Quelles mesures prendre alors pour protéger sa santé ?
Comment réduire les PFAS dans son eau du robinet ?
Le contrôle sanitaire réglementaire s’améliore, mais boire une eau “conforme” ne suffit plus à être rassuré. Face à ces polluants persistants, agir à domicile devient nécessaire.
Pour une meilleure qualité de l’eau, les solutions existent : carafes filtrantes, filtres sous évier, osmose inverse…
Mais face aux PFAS, toutes ne se valent pas. Certaines sont tout simplement inefficaces. D’autres comme l’osmose inverse gaspillent des litres d’eau.
Consultez notre article dédié pour en savoir plus sur les différents systèmes de purification et découvrir quel filtre à eau est réellement efficace contre les PFAS.


